Tu as sans doute vu passer ça sur Instagram : une bougie, un carnet, une liste d’intentions à écrire le soir de la nouvelle lune, et la promesse qu’un cycle s’ouvre. Le rituel de nouvelle lune est devenu l’un des gestes de bien-être les plus partagés du moment, au point qu’on oublie de se demander sur quoi il repose exactement.
Alors posons la question franchement, parce qu’elle est plus intéressante qu’elle n’en a l’air. Est-ce que la Lune fait quelque chose ? Est-ce que le rituel fait quelque chose ? Et là tu te demandes peut-être si ces deux questions ont la même réponse. Elles ne l’ont pas, et c’est précisément ce qui rend le sujet passionnant.
Dans cet article, on va séparer trois choses que l’on mélange presque toujours : ce que l’astronomie établit, ce que les études mesurent (et surtout ce qu’elles ne mesurent pas), et ce qui, dans la pratique elle-même, tient debout. Tu repartiras avec un protocole concret, quelques chiffres solides, et de quoi repérer les affirmations qui circulent sans source.
Une nouvelle lune, c’est quoi au juste
Commençons par le seul terrain où tout est établi, mesuré et vérifiable : le ciel. L’Institut de mécanique céleste (IMCCE) définit la nouvelle lune comme la date à laquelle les longitudes géocentriques de la Lune et du Soleil sont égales. Autrement dit : la Lune passe entre la Terre et le Soleil. La face qu’elle nous tourne n’est pas éclairée, et elle traverse le ciel en même temps que le Soleil. La NASA le formule autrement : c’est le moment où la face cachée de la Lune est en plein soleil, et où celle qui nous fait face vit sa nuit.
Le retour d’une même phase, la lunaison, dure en moyenne 29,530 588 85 jours, soit 29 j 12 h 44 min 2,88 s, selon les valeurs publiées par l’Observatoire de Paris. À ne pas confondre avec la révolution sidérale, 27,321 661 547 jours, qui se repère par rapport aux étoiles et non au Soleil. Et ce sont des moyennes : l’IMCCE précise que la durée réelle d’une lunaison peut s’écarter de plus ou moins sept heures de cette valeur. Le cycle lunaire n’est pas un métronome.
Les prochaines nouvelles lunes en 2026
Voici les dates à venir, en heure de Paris, calculées d’après les éphémérides de l’US Naval Observatory et le catalogue des phases de Fred Espenak (fonds NASA) :
- Vendredi 11 septembre 2026 à 5 h 27
- Samedi 10 octobre 2026 à 17 h 50
- Lundi 9 novembre 2026 à 8 h 02
- Mercredi 9 décembre 2026 à 1 h 52
Une année compte douze nouvelles lunes, parfois treize : l’année civile contient 12,37 lunaisons, si bien qu’une treizième s’intercale environ une année sur trois. 2026 en compte douze.
Deux expressions à manier avec prudence
La super nouvelle lune n’existe pas, astronomiquement parlant. L’IMCCE écrit noir sur blanc qu’il n’existe pas de définition des super lunes, et la NASA rappelle que « supermoon » n’est pas un terme officiel. Quand l’expression est employée, c’est par convention pour une pleine lune située à moins de 360 600 km de la Terre. Parler de super nouvelle lune revient donc à inventer une catégorie.
La lune noire, elle, ne figure dans aucune nomenclature officielle et recouvre au moins quatre définitions concurrentes selon les sites : deuxième nouvelle lune d’un même mois, troisième nouvelle lune d’une saison qui en compte quatre, mois sans nouvelle lune, mois sans pleine lune. Ni l’IMCCE, ni l’Observatoire de Paris, ni la NASA ne la reconnaissent.
Dernière précision, souvent inversée : la lumière cendrée, cette lueur argentée qui révèle la partie non éclairée du disque, ne s’observe pas à la nouvelle lune. L’IMCCE la situe quelques jours avant, à l’aube, ou quelques jours après, au crépuscule, quand la Lune n’est plus qu’un fin croissant. Le seul moment où l’on « voit » une nouvelle lune, c’est une éclipse de Soleil, qui ne se produit qu’à cette phase.
Ce que la science mesure de l’influence lunaire
Passons au terrain glissant. L’idée que les phases de la Lune agissent sur le corps humain a été testée, beaucoup, et sur de très grands effectifs. Voici ce que ça donne, affirmation par affirmation.
Le sommeil : un effet minuscule, et pas là où on le croit
Tout part d’une étude de 2013 publiée dans Current Biology par l’équipe de Christian Cajochen, qui rapportait, autour de la pleine lune, 20 minutes de sommeil en moins et une baisse de 30 % de l’activité delta. Ce qu’on omet presque toujours de préciser : elle portait sur 33 participants, et il s’agissait d’une réanalyse rétrospective de données recueillies des années plus tôt pour d’autres protocoles.
Les tentatives de réplication, sur des échantillons bien plus larges, n’ont rien retrouvé. Haba-Rubio 2015 (2 125 polysomnographies complètes à domicile) conclut à l’absence de différence entre les phases. Cordi et Dresler 2014 (1 265 participants, 2 097 nuits) non plus, et ces auteurs signalent avoir eu accès à plus de 20 000 nuits de données négatives jamais publiées : de quoi penser que la littérature disponible surestime le phénomène. Smith 2017 (1 411 adolescents) observe des relations qui changent de sens d’un modèle à l’autre, ce qui signe l’artefact.
L’étude la plus soignée, Casiraghi 2021 dans Science Advances, trouve bien une petite oscillation. Mais elle situe le sommeil le plus court trois à cinq jours avant la pleine lune, avec une amplitude moyenne de l’ordre de 7 à 10 minutes. Et les auteurs écrivent explicitement que le contraste entre pleine lune et nouvelle lune ne montre aucune association claire. Traduction : rien du tout pour la nouvelle lune.
Les naissances, les urgences, le cycle menstruel
Sur ces trois terrains, les données sont massives et convergentes.
- Naissances : une analyse de 564 039 naissances sur 62 cycles lunaires ne trouve aucune différence de fréquence, de mode d’accouchement ou de complications selon les huit phases. Une étude de 167 956 accouchements et une revue de 21 études dans 7 pays vont dans le même sens.
- Urgences et psychiatrie : la méta-analyse de référence, Rotton et Kelly 1985 (37 études), conclut que la phase de la Lune explique au mieux 1 % des variations, et attribue les corrélations apparentes à des analyses inadaptées et à l’oubli d’autres cycles, notamment hebdomadaires. Quarante ans plus tard, une étude française de 69 764 consultations psychiatriques d’urgence à Paris (2016-2023) ne retrouve toujours rien.
- Cycle menstruel : les travaux qui soutiennent une synchronisation portent sur 22 femmes en 2021, 176 en 2025, et ne décrivent qu’une synchronie intermittente. L’étude la plus vaste en revue à comité de lecture, Ecochard 2024 (35 940 femmes, 311 064 cycles), montre qu’un rythme lunaire résiduel existe mais qu’il est plus faible qu’un rythme hebdomadaire : les règles débutent un peu plus souvent le jeudi et le vendredi. Or la Lune n’a pas de semaine.
L’argument des marées ne tient pas le calcul
C’est l’explication qu’on entend le plus : le corps contient beaucoup d’eau, la Lune fait les marées, donc elle agit sur nous. Trois problèmes. D’abord, ce qui crée les marées n’est pas l’attraction lunaire mais la différence d’attraction entre deux points éloignés, un gradient. Sur un corps de 1,80 m, ce gradient vaut environ 1,6 × 10⁻¹³ m/s², quand la simple différence de gravité terrestre entre ta tête et tes pieds est des dizaines de millions de fois plus forte. Te lever de ta chaise modifie infiniment plus le champ qui te traverse que la Lune ne le fera jamais.
Ensuite, les marées océaniques n’existent pas parce que l’océan est « de l’eau », mais parce qu’il s’étend sur des milliers de kilomètres. Enfin, et c’est l’argument qui clôt le débat pour notre sujet : la force de marée lunaire est maximale et identique à la nouvelle lune et à la pleine lune. C’est le principe même des marées de vive-eau. Un raisonnement par les marées ne peut donc pas, par construction, justifier de traiter ces deux moments différemment.
Au passage, le chiffre lui-même est gonflé. L’eau représente environ 60 % du poids chez l’homme adulte et 50 à 55 % chez la femme, pas « 70 % », selon la revue de Popkin, D’Anci et Rosenberg.
« La nouvelle lune, moment de renouveau » : jamais mesuré
Sur ce point, autant être direct : il n’existe aucune étude. L’idée d’une « énergie basse » ou d’un « nouveau départ » à la nouvelle lune n’a jamais été mesurée, pour une raison simple, elle n’est pas définie de façon mesurable. Le seul protocole ayant comparé nouvelle lune, demi-lune et pleine lune sur l’endurance, l’équilibre, le temps de réaction et l’humeur n’a trouvé aucune différence, mais il ne portait que sur douze participants : c’est une absence de preuve, pas une preuve d’absence. La mesure objective la plus large disponible, l’activité physique de 5 812 enfants dans 12 pays, ne varie pas non plus selon la phase lunaire.
La Lune ne fournit pas une énergie. Elle fournit une date. Et une date, ça marche aussi bien le premier du mois.
Ce que ça ne veut PAS dire
Attention, il ne s’agit pas de conclure que le rituel est inutile, ni que celles et ceux qui le pratiquent se racontent des histoires. Ce serait aller beaucoup trop vite, et passer à côté de l’essentiel. Trois nuances importent.
Première nuance : absence de mécanisme ne veut pas dire absence d’effet. Un rendez-vous mensuel avec soi peut très bien avoir de la valeur sans que la Lune y soit pour quoi que ce soit. On y revient dans la section suivante, et c’est là que ça devient intéressant.
Deuxième nuance : si un tirage ou un guidage « tombe juste », il y a une explication documentée. Elle porte un nom, l’effet Barnum, ou effet Forer, d’après une démonstration menée en classe par Bertram Forer en 1949. C’est notre tendance à reconnaître comme personnellement exacte une description vague qui pourrait s’appliquer à presque tout le monde. Les revues ultérieures, portant sur une cinquantaine d’études, montrent que l’adhésion est d’autant plus forte que la description est flatteuse et présentée comme faite spécialement pour nous. Soit exactement les deux caractéristiques d’un guidage de nouvelle lune. Ce n’est pas une preuve que le rituel fonctionne : c’est l’explication de pourquoi il semble fonctionner.
Troisième nuance : tu n’es pas seule, et ce n’est pas marginal. Selon l’enquête Ifop d’avril 2022 menée auprès de 1 012 personnes représentatives des Français de 18 ans et plus, 44 % déclarent croire « à l’explication des caractères par les signes astrologiques », 54 % chez les femmes contre 34 % chez les hommes, en hausse de 11 points depuis 2000. Il faut lire cet item pour ce qu’il mesure, une adhésion à une typologie de caractère, pas une croyance générale en l’astrologie. La même enquête montre d’ailleurs l’écart entre curiosité et conviction : 64 % lisent leur horoscope, 5 % seulement disent avoir déjà modifié un projet après l’avoir lu.
Le cadre, parce qu’il existe
L’astrologie n’est pas réglementée en France. Vérification faite dans l’export officiel du Répertoire national des certifications professionnelles publié par France compétences, aucune certification enregistrée, active ou échue, ne porte l’intitulé « astrologue ». Les mentions de « diplôme » ou de « certification » affichées par certaines écoles ne renvoient donc à aucune reconnaissance de l’État.
La pratique n’est pas interdite pour autant. Elle bascule dans le pénal quand elle devient manœuvre frauduleuse : la Cour de cassation a confirmé le 26 septembre 2012 la condamnation d’une voyante à seize mois d’emprisonnement dont huit avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercer, pour escroquerie aggravée sur cinq femmes âgées ou en détresse. Depuis la loi du 10 mai 2024, l’article 223-1-2 du code pénal punit par ailleurs la provocation, par pressions réitérées, d’une personne malade à abandonner un traitement. Le Conseil constitutionnel a précisé le 7 mai 2024 que la seule diffusion d’informations à un public indéterminé ne constitue pas le délit : un contenu de bien-être n’est pas visé, celui qui pousse nommément un malade à interrompre ses soins l’est.
Enfin, l’ordre de grandeur du secteur. La Miviludes a enregistré 4 148 signalements en 2022, 4 375 en 2023 et 4 571 en 2024, soit un doublement depuis 2015. La santé et le bien-être constituent la première thématique, avec 37 % des saisines. Son rapport cite l’astrologie, mais uniquement à titre descriptif, sans lui consacrer aucun décompte : méfie-toi de tout chiffre du type « X signalements concernent l’astrologie », il n’existe pas.
Ce qui est étayé dans le rituel, sans la Lune
Voici le retournement, et la partie la plus utile de cet article. Si l’on retire la Lune de l’équation, que reste-t-il dans un rituel de nouvelle lune ? Un rendez-vous régulier, un moment d’écriture, la formulation d’intentions. Ces trois ingrédients ont été étudiés. Leurs effets sont réels, mais nettement plus modestes que ce qui circule.
Précision de méthode d’abord : une recherche systématique dans PubMed et dans le registre ClinicalTrials.gov ne renvoie aucun essai contrôlé portant sur un rituel de nouvelle lune, ni sur un rituel mensuel de fixation d’intentions. Tout ce qui suit est donc une extrapolation de mécanismes voisins, jamais un test direct de la pratique.
Le plan, plus que l’intention
Le mécanisme le mieux étayé n’est pas de formuler un souhait, c’est de formuler un plan : « si telle situation survient, alors je ferai telle action », avec un moment et un lieu précis. La méta-analyse de référence, Gollwitzer et Sheeran 2006, rapporte un effet moyen à fort (d = 0,65) sur 94 tests. Ce chiffre demande de la prudence : une méta-analyse plus récente et mieux contrôlée sur 15 907 participants met en évidence un biais de publication avéré et ramène l’effet à g ≈ 0,24 après correction. Et un essai de terrain sur 877 abonnés de salle de sport ne trouve aucun effet sur la fréquentation, alors même que les participants restaient convaincus que planifier les aidait. Le détail est instructif.
Écrire : utile, mais pas magique
L’écriture expressive est le mécanisme le plus étudié de la liste, et l’un des plus surestimés. La première méta-analyse (Smyth, 1998, 13 essais) rapportait d = 0,47. La méta-analyse de référence, dix fois plus large, Frattaroli 2006 (146 essais randomisés), trouve r = 0,075 (IC 95 % : 0,052 à 0,098), un effet très faible. Une revue Cochrane conclut à des preuves insuffisantes, et la plus vaste revue systématique indépendante, financée par le NIHR britannique (59 essais randomisés), trouve « très peu ou aucune preuve de bénéfice ».
Un point mérite d’être signalé, parce qu’on ne le dit jamais : écrire sur un sujet douloureux augmente la détresse à court terme. C’est documenté, c’est attendu, et ce n’est pas anodin si l’exercice est proposé seule, un soir, sans accompagnement.
La gratitude : un effet réel, très petit
Les interventions de gratitude produisent un effet mesurable sur les symptômes dépressifs (g ≈ -0,29 dans Cregg et Cheavens 2021, 27 études, 3 675 participants). Deux nuances changent la lecture. L’effet chute de moitié dès qu’on ne compare plus à « ne rien faire » mais à une autre activité (g = -0,18). Et dans la méta-analyse la plus exigeante, Davis 2016, l’avantage devient indiscernable de zéro face à une activité réflexive comparable. Les auteurs de Cregg et Cheavens recommandent d’ailleurs explicitement, pour qui souffre d’anxiété ou de dépression, de se tourner vers des interventions à l’efficacité mieux établie.
Deux références très citées qu’il faut retirer de ta liste
- L’étude « Harvard 1979 » sur les 3 % d’étudiants qui écrivaient leurs objectifs n’a jamais existé. Le service de référence de la bibliothèque de Harvard indique n’avoir jamais pu la retrouver. La chercheuse Gail Matthews, dont les travaux sont souvent confondus avec elle, la qualifie elle-même de mythe urbain. Son propre travail est une communication de congrès de 2007, jamais publiée en revue à comité de lecture, avec 44 % d’abandons non analysés et aucune statistique rapportée.
- L’étude « les rituels réduisent l’anxiété et améliorent la performance » (Brooks et coll., 2016) a été rétractée en octobre 2024 par la revue Organizational Behavior and Human Decision Processes (avis de rétractation). Elle ne peut plus être invoquée. La seule expérience préenregistrée disponible, Hobson, Bonk et Inzlicht 2017 (48 participants), ne trouve ni amélioration de la performance, ni baisse de l’anxiété auto-rapportée.
Les trois pièges à éviter
Enfin, il y a ce qui peut se retourner contre toi, et c’est documenté.
- Le fantasme positif. Les travaux de Gabriele Oettingen distinguent l’attente positive (« c’est atteignable ») du fantasme positif (savourer mentalement la réussite comme si elle était acquise). La première prédit l’effort et la réussite ; le second prédit l’inverse, chez des jeunes diplômés en recherche d’emploi, des étudiants avant un examen et des patients après une opération de la hanche. Se réjouir d’avance de l’objectif atteint semble en relâcher la poursuite.
- La croyance en la manifestation. Trois études totalisant 1 023 participants (Dixon, Hornsey et Hartley, 2023) associent une adhésion forte à la « manifestation » à une attirance plus marquée pour les placements risqués et à un antécédent de faillite plus fréquent, sans aucune preuve objective d’une réussite supérieure. Ces données sont corrélationnelles : elles ne démontrent pas un lien de cause à effet, mais elles invitent à la prudence.
- La culpabilité. Quand la réussite est présentée comme une affaire de force intérieure, l’échec devient une faute personnelle. La critique vient de la littérature scientifique elle-même : Coyne et Tennen (2010) rappellent qu’aucun essai n’a jamais démontré d’effet de l’état d’esprit sur la survie en cancérologie, et soulignent le soulagement que représente, pour les patientes, d’être déchargées de ce fardeau.
Trois pistes concrètes pour un rituel qui tient
Maintenant qu’on a fait le tri, voici comment construire un rituel de nouvelle lune qui repose sur ce qui est étayé plutôt que sur ce qui est joli. Tu peux garder la bougie : elle ne fait pas de mal, et le décor compte pour la régularité.
Piste 1 : le rendez-vous de vingt minutes
L’ingrédient le plus solide n’est pas la date, c’est la régularité. Bloque vingt minutes, au même moment du cycle, avec ton téléphone dans une autre pièce. Une piste est de faire trois passages :
- cinq minutes pour relire ce que tu avais écrit la fois précédente, sans te juger ;
- dix minutes pour faire le point sur ce qui a bougé et ce qui coince, en écrivant ;
- cinq minutes pour choisir une seule chose à faire avancer d’ici la prochaine nouvelle lune.
Une seule. C’est la contrainte la plus utile de tout le protocole, et la plus difficile à tenir.
Piste 2 : écrire un plan, pas un vœu
C’est ici que la recherche est la plus claire. Remplace « j’attire l’abondance » par une phrase au format si-alors, qui contient un déclencheur, un lieu et un moment. Compare :
- ❌ « Je souhaite prendre soin de moi ce mois-ci. »
- ✅ « Si c’est mardi ou jeudi et qu’il est 18 h 30, alors je pose mon sac et je marche trente minutes. »
- ❌ « J’attire une communication plus fluide dans mon couple. »
- ✅ « Si nous n’avons pas parlé de la semaine d’ici dimanche soir, alors je propose vingt minutes après le dîner. »
La deuxième formulation n’est pas moins poétique, elle est simplement exécutable. C’est toute la différence entre un fantasme positif, qui relâche l’effort, et une attente positive, qui le soutient.
Piste 3 : en parler à quelqu’un
Dans le seul travail existant sur la formulation d’objectifs, ce qui distingue le mieux les groupes n’est pas l’écriture seule : c’est le fait de partager ses engagements avec une personne et de lui en rendre compte régulièrement. Le rituel gagne donc à sortir du carnet. Un message le lendemain à une amie, avec la phrase si-alors que tu as choisie, vaut probablement plus que la bougie. Ce n’est pas une vérité absolue, mais c’est la piste la moins fragile du dossier.
Pour aller plus loin
Si le sujet t’intéresse, plusieurs articles d’Oliceo prolongent celui-ci sous un angle différent. Pour rester dans le cycle lunaire, notre article sur les rituels de pleine lune et l’énergie des signes présente la lecture traditionnelle de l’autre pôle du cycle, et celui qui se demande comment la Lune nous influence élargit la question au-delà des rituels.
Du côté de la symbolique astrologique, tu peux explorer la signification du signe lunaire et du monde émotionnel, ou l’approche des nœuds lunaires en astrologie karmique. Ces contenus relèvent d’une tradition interprétative, pas d’une démonstration : lis-les comme tels.
Et si ce qui t’attire dans le rituel est surtout le moment de pause, deux pratiques mieux documentées méritent le détour : le journaling émotionnel et le journal de gratitude. Tu peux aussi aménager le cadre, avec l’idée d’un mini autel spirituel à la maison.
FAQ : vos questions sur le rituel de nouvelle lune
Quand faire son rituel de nouvelle lune ?
Il n’existe aucune donnée qui privilégie une heure ou un jour. Astronomiquement, la nouvelle lune est un instant précis, pas une journée : le 11 septembre 2026 à 5 h 27 en heure de Paris, par exemple. En pratique, ce qui compte est la régularité, pas la précision. Choisis le créneau que tu tiendras vraiment chaque mois, le soir même ou dans les deux jours qui suivent, et garde-le.
Peut-on voir la nouvelle lune dans le ciel ?
Non. À la nouvelle lune, la face éclairée est tournée vers le Soleil et l’astre traverse le ciel en même temps que lui, noyé dans sa lumière. La lumière cendrée, souvent citée à tort, s’observe quelques jours avant à l’aube ou quelques jours après au crépuscule, quand la Lune est un fin croissant. Le seul cas où l’on voit une nouvelle lune est une éclipse de Soleil, qui ne se produit qu’à cette phase.
La nouvelle lune influence-t-elle vraiment le sommeil ?
Rien ne permet de l’affirmer. L’étude fondatrice de 2013 portait sur 33 personnes en réanalyse rétrospective ; les réplications sur 2 125 puis 1 265 participants n’ont retrouvé aucun effet. L’étude la plus rigoureuse trouve une oscillation de 7 à 10 minutes située trois à cinq jours avant la pleine lune, et précise que la comparaison pleine lune contre nouvelle lune ne montre rien. Si tu dors mal, cherche du côté de l’heure du coucher, de la lumière et de la caféine.
Faut-il écrire ses intentions ou ses objectifs ?
Écris un plan plutôt qu’un vœu. Les données les plus solides portent sur les intentions de mise en œuvre, au format « si telle situation, alors telle action », avec un moment et un lieu. Leur effet reste modeste une fois corrigé du biais de publication, et il devient nul dans certains essais de terrain. Ce qui semble ajouter le plus, c’est de partager ton engagement avec quelqu’un et de lui en rendre compte.
Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?
Un rituel est un repère symbolique, jamais un soin. Consulte un médecin ou un psychologue si tu constates une insomnie qui dure plus de trois semaines, une tristesse ou une anxiété qui gênent ton quotidien, des idées noires, ou si une pratique de bien-être t’incite à retarder, modifier ou interrompre un traitement. Ce dernier point est un signal d’alerte clair : aucune démarche sérieuse ne demande cela. En cas de détresse, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h sur 24.
Ce qu’il faut retenir
Le rituel de nouvelle lune ne repose sur aucun mécanisme astronomique : la force de marée exercée sur un corps humain est négligeable, elle est identique à la nouvelle et à la pleine lune, et les grandes études sur le sommeil, les naissances, les urgences et le cycle menstruel ne trouvent rien. L’idée d’un « renouveau » à cette phase n’a jamais été mesurée, faute d’être définissable. C’est une croyance, au sens neutre du terme : une tradition d’interprétation, pas une démonstration.
Mais ce qui reste quand on retire la Lune n’est pas rien. Un rendez-vous régulier avec soi, un plan formulé de façon exécutable, quelqu’un à qui en rendre compte : ce sont les seuls ingrédients pour lesquels il existe des données, et leurs effets, bien que modestes, sont réels. Franchement, c’est déjà beaucoup. La Lune, elle, ne fait que fournir la date. Si ce repère t’aide à t’y tenir, il a rempli son office. Et si tu préfères le premier du mois, ça marchera exactement pareil.
Avertissement. Cet article est informatif et ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni un traitement. Aucune pratique symbolique ne remplace un suivi de santé. En cas de trouble du sommeil persistant, de souffrance psychique ou de doute, consulte un professionnel de santé. Si tu traverses une période difficile, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable gratuitement, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
Article rédigé par
Chris Durand
Fondateur et éditeur d'Oliceo depuis 2006. J'explore les pratiques de bien-être qui tiennent sur la durée : symbolique du corps, psychosomatique, traditions holistiques, sobriété. Plus sur moi sur la page auteur.
Publié le 28 août 2026 · Voir tous les articles de Chris Durand →






