Franchement, c’est une histoire que presque personne ne raconte. Une fois, une seule, l’astrologie a produit un chiffre. Pas une image, pas une interprétation ouverte : un pourcentage, vérifiable, qu’on pouvait aller mesurer ailleurs. Ce chiffre porte un nom, l’effet Mars, et trois équipes sont allées le mesurer pour de bon.
Et là tu te demandes peut-être qui a gagné. Personne, et c’est précisément l’intérêt. Parce que pendant quarante ans, la dispute n’a quasiment jamais porté sur le ciel.
Elle a porté sur quelque chose de beaucoup plus modeste, et de beaucoup plus décisif : la liste des noms qu’on acceptait de compter. Voilà ce que l’effet Mars a réellement testé, et ce qu’il t’apprend encore aujourd’hui sur la façon de lire n’importe quelle statistique.
L’effet Mars, pour une fois, était un chiffre
Ce que Michel Gauquelin a annoncé
Michel Gauquelin (Paris, 1928-1991) était psychologue de formation, diplômé de la Sorbonne. Contrairement à ce qu’indiquent plusieurs notices encyclopédiques, il n’était pas titulaire d’un doctorat, et son laboratoire était le sien : une structure privée qu’il avait fondée à Paris. Son premier livre paraît en 1955 chez les Éditions du Dauphin, sous un titre sans détour, L’Influence des astres, étude critique et expérimentale.
Son idée n’a rien à voir avec ton signe ni avec ton thème astral. Il découpe le trajet apparent de Mars sur une journée en douze secteurs, six au-dessus de l’horizon et six au-dessous. Le secteur 1 démarre au lever de la planète, le secteur 4 à son passage au méridien. Ce sont les deux secteurs clés.
Le chiffre qui a tenu quarante ans
Dans le fichier de 2 088 champions sportifs européens publié par son laboratoire en 1970, 452 naissances tombent dans ces deux secteurs. Soit 21,65 %, là où le calcul en attendait 17,17 %. L’écart vaut 5,4 écarts-types, et le statisticien I. J. Good a chiffré dans le Zetetic Scholar la probabilité d’un tel écart à environ une sur trente millions.
Deux précautions, tout de suite. Les 17,17 % ne sont pas une mesure, c’est une espérance calculée. Et ces 2 088 champions ne forment pas un échantillon neuf : ils agrègent des séries antérieures. Retiens ces deux phrases, toute la suite de l’effet Mars se joue là-dessus.
Trois tests, et un désaccord qui se déplace
En Belgique, d’accord sur le comptage, pas sur le dénominateur
En septembre 1976, le Comité belge pour l’investigation scientifique des phénomènes réputés paranormaux, dit Comité Para, publie son verdict dans son bulletin Nouvelles Brèves. Sur 535 champions, 119 naissent en secteur clé, soit 22,24 %. Le comptage n’est pas contesté. Ce qui l’est, c’est la valeur à laquelle on le compare.
Son argument tient en deux hypothèses qu’il juge fausses : Gauquelin suppose que toutes les positions de Mars étaient équiprobables entre 1872 et 1945, et que la courbe des heures de naissance restait constante. Le comité a cherché l’erreur de calcul pendant onze pages. Il ne l’a pas trouvée.
Le test de Zelen tranche la question du témoin
En janvier 1976, Marvin Zelen, statisticien à l’université Harvard, propose un arbitrage simple et le publie à l’avance : au lieu de comparer les champions à un calcul, comparons-les à leurs voisins de naissance, des gens nés au même endroit les mêmes jours. Effectif minimum annoncé avant de commencer, trois cents champions.
Résultat publié fin 1977 : 303 champions contre 16 756 témoins. Les champions sont autour de 22 %, les témoins autour de 17 %. Dès 1981, les critiques l’admettent. L’astronome Dennis Rawlins, membre du comité sceptique américain, écrira que c’était un succès net pour Gauquelin, et qu’il aurait fallu l’annoncer comme tel.
En Amérique, l’effet Mars disparaît
Un test entièrement neuf est monté avec Gauquelin sur des champions américains. Vingt et un États refusent de communiquer les heures de naissance au nom du Privacy Act ; sur 682 demandes, 408 dossiers complets reviennent. Cinquante-cinq sont en secteur clé, soit 13,5 %, pour 16,7 % attendus par hasard et 21,65 % annoncés.
Le test français de l’effet Mars, lui, a été signé en 1982 et publié quatorze ans plus tard. Résultat recalculé par Jan Willem Nienhuys : 209 sur 1 120, soit 18,66 %, contre un témoin de 17,70 %. Moins d’un point d’écart. L’effet Mars n’y est pas.
Tout tenait à la liste
Qui compte comme champion
Pour le test français de l’effet Mars, les enquêteurs ont vidé trois dictionnaires du sport et en ont tiré 1 439 noms en 1986. La liste publiée en 1996 en comptait 1 120. Entre les deux : 368 noms introuvables en mairie, 43 ajoutés par les retours des communes, 52 corrigés, cinq retirés en 1990, cinq autres en 1994, onze rajoutés d’une pile non triée.
Les critères eux-mêmes n’ont jamais été stables. Dans une sélection française de 1979, Gauquelin exigeait une médaille européenne en sport individuel, mais une seule sélection nationale suffisait au football, quand il en fallait plus de dix au rugby et au handball. Rien, dans le protocole, ne justifiait cet écart.
La frontière n’a jamais été fermée avant le résultat
Nienhuys a comparé le fichier de Gauquelin aux actes d’état civil réunis par le comité français. Sur 132 divergences de date ou d’heure, les vingt cas où la correction faisait entrer un champion en secteur clé sont tous signalés. Les dix-sept cas inverses, aucun. Vingt sur vingt d’un côté, zéro sur dix-sept de l’autre.
Mais le reproche vaut dans les deux sens, et c’est ce qui rend cette histoire honnête. Le psychologue Suitbert Ertel lui adresse trois reproches symétriques. Le comité n’a pas travaillé en aveugle, il n’a pas confié la sélection à un tiers comme le protocole l’exigeait, et il a écarté treize pelotaris basques dont 40 % avaient Mars en secteur clé.
On avait pourtant pré-enregistré, deux fois
C’est le détail qui surprend le plus en 2026. Le protocole de Zelen paraît avant le recueil des données, avec son effectif plancher. Et en octobre 1982, un second accord entre Gauquelin et le comité français est publié dans Science & Vie : critères d’éminence, ouvrages de référence, sélection impersonnelle, mille heures de naissance au minimum, interdiction de publier avant la fin.
Ce n’est pas un pré-enregistrement au sens d’aujourd’hui : rien n’a été déposé dans un registre public, aucun seuil n’a été arrêté. Mais pour 1982, c’était plus rigoureux que la plupart des études de psychologie de l’époque. Et ça n’a pas suffi, parce que le protocole ne disait pas quoi faire quand un nom manque à l’appel.
La frontière de l’échantillon n’a jamais été close avant qu’on connaisse le résultat. Et cela vaut pour les deux camps.
Ce que l’effet Mars ne veut pas dire
Gauquelin ne défendait pas l’astrologie
Autant le dire nettement : l’effet Mars n’est pas une victoire de l’astrologie, et son auteur ne l’a jamais présenté ainsi. Gauquelin a testé les signes du zodiaque, les aspects et les transits, puis les a déclarés sans valeur. Un de ses livres s’intitule Songes et mensonges de l’astrologie, et le dernier, paru en 1991, Neo-Astrology.
La nuance existe pourtant, et elle est gênante pour lui. Ses douze secteurs coïncident avec les douze maisons astrologiques, et leurs bornes sont l’ascendant et le milieu du ciel. La rupture avec la tradition est donc moins franche qu’il ne l’affirmait.
Chez Ptolémée, les athlètes relèvent de Vénus
Voilà le point que personne ne relève. Dans le chapitre du Tetrabiblos consacré à la qualité de l’activité, Ptolémée fait dépendre le maître du métier de deux choses : la planète qui a fait son lever héliaque le plus près du Soleil, et celle qui culmine. Mars seul y gouverne les métiers du feu et du fer, cuisiniers, fondeurs, forgerons, mineurs, carriers.
Les soldats n’apparaissent que si Jupiter témoigne à Mars. Les lutteurs relèvent de Mercure et de Mars conjoints. Et les athlètes couronnés sont donnés à Vénus, avec témoignage de Jupiter. Ajoute que le lever héliaque n’est pas le lever quotidien au-dessus de l’horizon, et l’effet Mars ne teste plus du tout la doctrine classique.
Quant à l’État français, il ne tranche rien. Interrogé en 2023, le gouvernement a répondu au Journal officiel que la Miviludes « s’interdit de porter quelque jugement de valeur que ce soit sur les doctrines », et que la voyance est une activité légale. L’ancienne contravention qui visait les devins est abrogée depuis le 1er mars 1994.
La date de naissance compte, et le ciel n’y est pour rien
L’effet d’âge relatif, lui, est énorme
Il existe bel et bien une corrélation entre la date de naissance et la réussite sportive. Dans les cinq grands championnats européens de football, la distribution des dates de naissance des joueurs est fortement déséquilibrée, et le déséquilibre est hautement significatif pour la France. On compte environ deux fois plus de joueurs nés au premier mois de l’année civile qu’au dernier.
En France, sur la population entière des licenciés de basket de 7 à 18 ans, soit 151 259 garçons et 107 101 filles, l’effet est significatif dans toutes les catégories d’âge. Chaque mois qui rapproche de décembre fait perdre près de 7 % de chances de figurer parmi les professionnels.
La preuve par un changement de règlement
En 1997, la fédération belge de football a déplacé sa date de coupure du 1er août au 1er janvier. La distribution des dates de naissance des joueurs désignés comme talentueux a suivi la nouvelle date dès la saison suivante. Le ciel n’avait pas bougé. Le règlement, oui.
Et la conclusion des chercheurs en sciences du sport vaut pour tout le dossier : pour mesurer cet effet, il faut prendre comme témoin la population des licenciés, et non celle du pays entier, sous peine de conclure trop vite. Soixante ans après le premier calcul de l’effet Mars, la question n’a pas changé d’objet. Elle porte toujours sur le choix du témoin.
Si tu veux prolonger, voici ce qui éclaire le mieux la suite de l’histoire sur Oliceo :
- Astrologie et personnalité, pour savoir ce que les tests mesurent vraiment.
- Ce que vaut un horoscope, et pourquoi tu t’y reconnais si bien.
- L’astrologie védique, un autre système, d’autres repères.
- L’effet nocebo, parce que l’attente façonne ce qu’on ressent.
Questions fréquentes sur l’effet Mars
C’est quoi, l’effet Mars, en une phrase ?
C’est l’observation, publiée par Michel Gauquelin en 1955, selon laquelle les champions sportifs naîtraient plus souvent que la moyenne au moment où la planète Mars vient de se lever ou de passer au méridien. Rien à voir avec les signes du zodiaque : il s’agit de la position de Mars dans son trajet d’une journée.
L’effet Mars a-t-il été prouvé ?
Non, et il n’a pas non plus été formellement réfuté. Il n’a jamais été reproduit par une équipe indépendante des deux camps, et aucune revue scientifique indexée ne l’a jamais publié. Une interrogation de PubMed et d’Europe PMC en octobre 2026 ne renvoie aucun article portant sur l’effet Mars, alors que les mêmes bases recensent sans difficulté d’autres travaux critiques sur l’astrologie.
Michel Gauquelin a-t-il truqué ses données ?
Aucune enquête publiée ne conclut à une fraude. Ce qui est documenté est plus subtil et plus intéressant : un signalement asymétrique des divergences de données, relevé par l’audit du test français. Et il faut ajouter que les protagonistes des deux bords ont découpé leurs échantillons après coup, ce qu’un membre du comité américain a lui-même écrit dès 1979.
Combien de Français croient à l’astrologie ?
Cela dépend entièrement de la question posée. En janvier 2023, à la question « croyez-vous en l’astrologie », 32 % des Français répondent oui, exactement comme en 1998. En avril 2022, à la question « croyez-vous à l’explication des caractères par les signes astrologiques », ils sont 44 %. Douze points, pour un changement de libellé.
Quand faut-il s’inquiéter d’une consultation ?
Quand le praticien dénigre la médecine, t’incite à interrompre un traitement ou te promet une guérison. Quand il affirme être le seul à pouvoir t’aider, ou t’éloigne de tes proches. Quand ses tarifs sont très élevés au nom de la rareté de son savoir. Et quand son vocabulaire emprunte au pseudo-scientifique : « quantique », « vibratoire », « mémoire cellulaire ». Ces signaux d’alerte sont ceux de la Miviludes.
Ce qui reste de l’effet Mars, au fond, n’est pas une réponse sur le ciel. C’est une leçon de méthode, et elle est précieuse. Un chiffre ne vaut jamais par lui-même : il vaut par la population à laquelle on le compare, et par le moment où l’on a décidé qui entrait dans cette population.
Alors la prochaine fois qu’un pourcentage t’impressionne, pose-toi la question que ni Gauquelin ni ses contradicteurs n’ont su régler en quarante ans : par rapport à quoi, et qui a dressé la liste ? Tu seras surpris de voir combien de chiffres, dans la presse comme ailleurs, ne survivent pas à ces deux questions.
Avertissement. Cet article est un travail d’information. Il ne constitue ni un diagnostic, ni un avis médical, ni un conseil de traitement, et une consultation d’astrologie n’est pas un soin. Ne modifie jamais un suivi médical sur une telle base : parles-en d’abord à ton médecin traitant ou à ton pharmacien.
Pour signaler une dérive sectaire, la Miviludes dispose d’un formulaire ; pour un litige commercial, SignalConso saisit la répression des fraudes. En cas d’urgence, appelle le 15 ou le 112, le 114 par SMS si tu es sourd ou malentendant, et le 3114 en cas de détresse psychique, gratuit et accessible jour et nuit.
Les sources, en détail
L’effet Mars et ses chiffres. Michel Gauquelin, L’Influence des astres, étude critique et expérimentale, Paris, Éditions du Dauphin, 1955, 349 p. (notice BnF). Les 2 088 champions sont le catalogue Professional notabilities 1, Sports champions, LERRCP, 1970 ; les séries ont été renumérisées par l’Open Gauquelin Database, sans licence publiée. Les 452 cas sur 2 088, l’espérance de 17,17 % et les 5,40 écarts-types sont donnés par I. J. Good, « Is the Mars Effect an Artifact ? », Zetetic Scholar n° 9, 1982, p. 65-66.
Les trois tests de l’effet Mars. Comité Para, « Considérations critiques sur une recherche faite par MM. Gauquelin dans le domaine des influences planétaires », Nouvelles Brèves n° 43, septembre 1976, p. 327-343, article non signé d’un bulletin associatif. Le test de Zelen et le test américain sont publiés dans The Skeptical Inquirer, vol. IV, n° 2, hiver 1979-1980, p. 19-63, où figurent côte à côte le rapport négatif, le calcul de Dennis Rawlins et la réponse des Gauquelin. Le test français est publié par Claude Benski et coll., The « Mars Effect » : A French Test of Over 1 000 Sports Champions, Amherst, Prometheus Books, 1996, et recalculé par J. W. Nienhuys, « The Mars Effect in Retrospect », Skeptical Inquirer 21(6), 1997, p. 24-29.
Le débat sur l’échantillon. L’asymétrie de signalement des divergences est établie par Nienhuys dans l’article ci-dessus ; les objections symétriques adressées au comité français viennent de Suitbert Ertel, « Update on the Mars Effect », Skeptical Inquirer 16(2), 1992, p. 150-160. L’hypothèse d’un artefact social est développée par Geoffrey Dean, « Is the Mars Effect a Social Effect ? », Skeptical Inquirer 26(3), 2002, p. 33-38. Précision utile au lecteur : aucune de ces revues n’est neutre, chacune appartient à l’une des parties au litige, et aucune instance tierce n’a jamais arbitré.
Le texte de la tradition. Ptolémée, Apotelesmatika (Tetrabiblos), livre IV, chapitre 4, « De la qualité de l’activité » : texte grec dans l’édition de F. E. Robbins, et traduction anglaise de Robbins, Loeb Classical Library n° 435, Harvard University Press, 1940. Version du domaine public : traduction de J. M. Ashmand, Londres, Davis and Dickson, 1822, qui traduit en réalité la paraphrase grecque attribuée à Proclus, ce qu’il faut signaler. Au livre I, chapitre 2, Ptolémée écrit lui-même que toute science portant sur la qualité de son objet est conjecturale et ne peut être affirmée absolument.
Les sources de la région d’origine. Pour l’Inde : J. V. Narlikar, S. Kunte, N. Dabholkar et P. Ghatpande, « A statistical test of astrology », Current Science, vol. 96, n° 5, 10 mars 2009, p. 641-643, revue de l’Académie indienne des sciences, rubrique Commentary. Deux cents thèmes de naissance soumis en aveugle, 51 astrologues inscrits, 27 répondants, meilleur score 24 sur 40 pour un seuil fixé d’avance à 28, moyenne 17,25. Réserve à porter : le protocole était conçu pour détecter un effet fort, et l’effet Mars se joue à quelques points de pourcentage. Voir aussi J. V. Narlikar, « Astronomy, Pseudoscience and Rational Thinking », Highlights of Astronomy, vol. 13, Union astronomique internationale, 2003, p. 1052-1054.
La vraie corrélation calendaire. A. Dudink, « Birth date and sporting success », Nature 368, 592, 14 avril 1994. Les cinq championnats européens : PLoS One 2018;13(8):e0201795. Les licenciés français de basket : N. Delorme et M. Raspaud, Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports 2009;19(2):235-242. Le changement de date de coupure belge : W. F. Helsen et coll., American Journal of Human Biology 2000;12(6):729-735. Pour comparaison, un effet calendaire réel en santé reste minuscule : la saison de naissance et la schizophrénie donnent un rapport de cotes de 1,07 et un risque attribuable de 3,3 % (Schizophrenia Bulletin 2003;29(3):587-593).
Les naissances ne sont pas réparties au hasard. C’est ce qui fonde l’objection du Comité Para. En France, le pic saisonnier des naissances s’est déplacé de février à juillet en un siècle (Insee Focus n° 204, 2020), et l’Insee ne publie pas la répartition horaire. Sur 5,09 millions de naissances anglaises, les accouchements spontanés culminent vers quatre heures du matin et les césariennes programmées en milieu de matinée (PLoS One 2018;13(6):e0198183).
Le cadre français. L’activité d’astrologue relève de la sous-classe 96.09Z de la nomenclature d’activités française, « Autres services personnels n.c.a. », ce qui est un code d’activité et non un jugement. L’ancien article R34, 7° du code pénal, qui punissait « les gens qui font métier de deviner et pronostiquer, ou d’expliquer les songes », a été abrogé par le décret n° 93-726 du 29 mars 1993, avec effet au 1er mars 1994. La position de l’État figure dans la réponse à la question écrite n° 6608, Journal officiel du 27 juin 2023, p. 5803. Les signaux d’alerte sont ceux du Dérivomètre, publié le 18 juin 2026 par la Miviludes et la Mutualité française, dont le périmètre est celui des pratiques de soin non conventionnelles.
Affirmations écartées. « 22 % contre 17 % observés » : le second chiffre est une espérance calculée, et le seul témoin réellement mesuré vaut 16,38 %. « Le Comité Para a répliqué l’effet Mars de façon indépendante » : 473 de ses 535 dossiers avaient été réunis par Gauquelin lui-même. « L’effet Mars est une fraude » : aucune enquête publiée ne l’établit. « La science a réfuté l’astrologie » : ce qui existe, ce sont des tests portant sur des prédictions précises, non confirmées, à commencer par l’essai en double aveugle de Shawn Carlson, Nature 318, 419-425, 1985. Également écartées faute de source primaire : la formule « les astres inclinent mais ne déterminent pas », qui est un adage scolastique et ne figure ni chez Ptolémée ni sous cette forme chez Thomas d’Aquin ; la phrase sur l’astrologie « maladie et non science » prêtée à Maïmonide, dont la lettre de 1194 dit tout autre chose ; la boutade de Kepler sur la « fille folle » de l’astronomie, dont les versions françaises divergent trop ; et les citations de Jung sur l’astrologie, qui ne sont rattachées à aucune édition identifiable.
Article rédigé par
Chris Durand
Fondateur et éditeur d'Oliceo depuis 2006. J'explore les pratiques de bien-être qui tiennent sur la durée : symbolique du corps, psychosomatique, traditions holistiques, sobriété. Plus sur moi sur la page auteur.
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Publié le 12 octobre 2026 · Voir tous les articles de Chris Durand →






